Taxe de séjour en location meublée 2026 : barème, loi Le Meur et plateformes
La taxe de séjour est un pourboire municipal obligatoire payé par les voyageurs à chaque nuitée, que le propriétaire LMNP collecte pour le compte de la commune. En 2026, le barème est indexé sur l'inflation INSEE (+1,8 %), la loi Le Meur du 19 novembre 2024 généralise le numéro d'enregistrement via Declaloc d'ici le 20 mai 2026, et Airbnb collecte automatiquement la taxe. LMNP.AI vous explique, sans jargon, comment gérer cette formalité sereinement.
Ce guide s'adresse aux propriétaires de meublés de tourisme (Airbnb, gîtes, chambres d'hôtes, locations saisonnières). Il couvre tout : barème 2026, loi Le Meur, Declaloc, collecte plateformes, DAC7, registre du logeur, sanctions, exonérations, déductibilité et 7 cas chiffrés concrets. À la fin de votre lecture, vous saurez exactement quoi faire, commune par commune.
Sommaire — 18 sections
- Qu'est-ce que la taxe de séjour et qui la paie ?
- Loi Le Meur 2024 : ce qui change en 2026
- Numéro d'enregistrement Declaloc (20 mai 2026)
- Qui est concerné : meublés, gîtes, chambres d'hôtes
- Le barème 2026 par catégorie d'hébergement
- Logement non classé : la règle des 1 % à 5 %
- Faut-il classer son meublé ?
- Taxes additionnelles (départementale, IDFM)
- Régime au réel vs forfaitaire
- Plateformes : qui collecte quoi en 2026
- DAC7 : déclaration automatique au fisc
- Le registre du logeur (modèle inclus)
- Comment déclarer et reverser
- Exonérations : mineurs, saisonniers, urgence
- Sanctions et taxation d'office (la commune reconstitue vos revenus à votre place, souvent en surestimant, et vous facture d'autorité)
- Est-elle déductible en LMNP ?
- Cas particuliers : RP, multi-communes
- 6 conseils concrets pour gérer sereinement
1. Qu'est-ce que la taxe de séjour et qui la paie vraiment ?
La taxe de séjour, c'est le pourboire municipal obligatoire que chaque voyageur majeur laisse à la commune pour financer le tourisme local : offices de tourisme, sentiers, animations, équipements. Elle existe depuis 1910 et est encadrée par le Code général des collectivités territoriales (CGCT, art. L2333-26 et suivants) — le livre de règles des mairies.
En pratique : ce n'est pas vous qui la payez. Vous êtes un simple hôtelier de fortune, un intermédiaire. Le voyageur vous la remet en même temps que le loyer, vous la notez dans votre registre, puis vous la reversez intégralement à la mairie. Imaginez que vous êtes le caissier d'un péage : vous encaissez, vous rendez des comptes, vous transmettez.
Concrètement, trois acteurs interviennent :
- Le voyageur (redevable légal) paie la taxe ;
- Le propriétaire ou la plateforme (collecteur) l'encaisse et la reverse ;
- La commune (bénéficiaire) l'utilise pour les dépenses touristiques.
L'analogie qui simplifie tout
La taxe de séjour ne vous appartient jamais. Vous la recevez d'une main, vous la redonnez de l'autre. Ce n'est ni un revenu, ni une charge, ni un bénéfice. Traitez-la dans votre comptabilité comme une TVA non applicable : un simple passage sur votre compte.
2. Loi Le Meur 2024 : ce qui change pour vous en 2026
La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite « loi Le Meur », publiée au JORF du 20 novembre 2024, est la plus grande réforme des meublés de tourisme depuis vingt ans. Elle « vise à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l'échelle locale ». Si la taxe de séjour en elle-même n'est pas directement modifiée, tout son écosystème l'est.
Ce qui vous concerne directement directement :
| Sujet | Avant la loi | Après (2026) |
|---|---|---|
| Numéro d'enregistrement | Villes > 200 000 hab. + zones tendues | Toute la France via Declaloc |
| Résidence principale | 120 jours/an max | 90 jours/an (extensible) |
| DPE | Non obligatoire | Obligatoire pour les meublés de tourisme |
| Micro-BIC classé | 71 % — plafond 188 700 € | 50 % — plafond 77 700 € |
| Micro-BIC non classé | 50 % — plafond 77 700 € | 30 % — plafond 15 000 € |
| Quotas communaux | Inexistant | Possible si > 20 % résid. secondaires |
| Amende RP > 90 jours | Amende civile faible | 15 000 € |
Pour faire simple : la loi Le Meur rend le contrôle plus facile pour les communes. Et un meilleur contrôle de l'activité = un meilleur contrôle de la taxe de séjour collectée. En 2026, il est devenu très risqué d'oublier de déclarer.
Pour un décryptage complet de la réforme Airbnb et de ses conséquences locales, consultez notre guide dédié Airbnb : la réglementation 2026 ville par ville.
3. Numéro d'enregistrement obligatoire d'ici le 20 mai 2026 (Declaloc)
C'est la nouveauté la plus visible de la loi Le Meur. À compter du 20 mai 2026, tout meublé de tourisme doit obtenir un numéro d'enregistrement de 13 caractères alphanumériques, à afficher sur toutes les annonces (Airbnb, Booking, Abritel, site perso, SeLoger Vacances).
Ça concerne 100 % des loueurs saisonniers
À partir du 20 mai 2026, tous les meublés de tourisme en France — du studio parisien au gîte rural en Dordogne — doivent avoir un numéro Declaloc. Pas de dérogation, pas d'exception.
Les 4 étapes concrètes :
- Aller sur declaloc.gouv.fr (dès le 20 mai 2026)
- Se connecter via FranceConnect
- Renseigner : adresse du bien + titre de propriété + DPE
- Recevoir votre numéro à 13 caractères → le copier-coller dans chacune de vos annonces en ligne
Ce numéro s'obtient via le téléservice national Declaloc, opérationnel au plus tard le 20 mai 2026. En pratique : une démarche en ligne, quelques minutes, un justificatif d'identité et le titre de propriété. Le numéro est lié au logement, pas au propriétaire.
Sanction loi Le Meur
Absence de numéro d'enregistrement : amende jusqu'à 5 000 €. Absence de DPE sur un meublé de tourisme : jusqu'à 50 000 €. Sous-louer sans accord du bailleur : jusqu'à 100 000 €. Dépassement des 90 jours en résidence principale : amende civile de 15 000 €.
Concrètement, Declaloc facilite aussi la vie des communes : elles recoupent automatiquement les numéros avec les déclarations de taxe de séjour et les données DAC7 transmises par les plateformes. Les « oublis » deviennent mathématiquement impossibles à cacher.
4. Qui est concerné : meublés de tourisme, gîtes, chambres d'hôtes
Sont concernés par la taxe de séjour, au titre de l'article L2333-26 du CGCT, tous les hébergements touristiques accueillant une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile :
- Meublés de tourisme classés ou non (Airbnb, locations saisonnières, gîtes) ;
- Chambres d'hôtes (jusqu'à 5 chambres et 15 personnes) ;
- Hôtels de tourisme et palaces ;
- Résidences de tourisme et résidences hôtelières ;
- Villages de vacances et auberges collectives ;
- Terrains de camping et aires naturelles ;
- Ports de plaisance.
Ne sont pas concernés : un bail mobilité, un bail étudiant ou classique, ni une location nue, ni une colocation à l'année. Pour approfondir la frontière entre location touristique et location traditionnelle, voyez notre guide Location saisonnière LMNP.
5. Le barème 2026 par catégorie d'hébergement
Chaque année, le barème national est indexé sur l'inflation hors tabac publiée par l'INSEE. Pour 2026, l'indexation est de +1,8 %. La commune fixe ensuite son tarif à l'intérieur de la fourchette légale (plancher / plafond) par délibération prise avant le 1er juillet N pour application au 1er janvier N+1.
| Catégorie d'hébergement | Plancher 2026 | Plafond 2026 |
|---|---|---|
| Palace | 0,70 € | 4,90 € |
| Hôtel / résidence / meublé tourisme 5 ★ | 0,70 € | 3,32 € |
| Hôtel / résidence / meublé tourisme 4 ★ | 0,70 € | 2,53 € |
| Hôtel / résidence / meublé tourisme 3 ★ | 0,50 € | 1,73 € |
| Meublé tourisme 2 ★ / village vacances 4-5 ★ | 0,30 € | 1,00 € |
| Meublé 1 ★ / chambre d'hôtes / auberge / VV 1-3 ★ | 0,20 € | 0,90 € |
| Camping 3-5 ★ | 0,20 € | 0,76 € |
| Camping 1-2 ★ / refuge | 0,20 € | 0,20 € |
| Logement non classé ou en attente | 1 % à 5 % du coût HT / personne, plafonné au tarif le plus élevé voté par la commune pour un classé | |
Source : article L2333-30 CGCT, barème ministériel 2026 (indexation INSEE hors tabac +1,8 %). Tarif par nuit et par personne majeure non exonérée. Ne comprend pas les taxes additionnelles.
Cas chiffré n°1 : Marc, gîte 3 étoiles en Provence
Marc loue un gîte classé 3 étoiles à Gordes (Vaucluse), où la commune a voté le plafond de 1,73 €. Une famille de 4 (2 adultes + 2 enfants de 12 et 15 ans) séjourne 3 nuits.
Calcul : 1,73 € × 3 nuits × 2 adultes = 10,38 € (les mineurs sont exonérés).
Taxe départementale 10 % : +1,04 €.
Total collecté par Marc : 11,42 €, à reverser avant le 31 janvier de l'année suivante.
6. Logement non classé : la règle des 1 % à 5 % et son plafonnement
Si votre meublé n'est pas classé (ou est en attente de classement), la commune applique un pourcentage entre 1 % et 5 % du coût hors taxes de la nuitée par personne. Ce taux est plafonné au tarif le plus élevé voté par la collectivité pour les hébergements classés (généralement le 5 étoiles).
Concrètement, cela veut dire que plus votre loyer est élevé, plus la taxe grimpe — mais jamais au-delà du plafond. À Paris en 2026, le taux est fixé à 5 %, avec un plafond de 15,93 € par personne et par nuit.
Cas chiffré n°2 : Sophie, T2 Airbnb non classé à Lyon
Sophie loue un T2 sur la Presqu'île de Lyon, non classé. Son loyer moyen : 120 € HT/nuit. La métropole applique 5 %, plafond 4,90 € (tarif palace lyonnais).
Calcul par personne et par nuit : 120 € × 5 % = 6 € → écrêté au plafond 4,90 €.
Pour 2 voyageurs × 4 nuits : 4,90 × 2 × 4 = 39,20 €.
Additionnelle départementale 10 % : +3,92 €.
Total : 43,12 €, collecté automatiquement par Airbnb.
Cas chiffré n°4 : Pierre, appartement Paris non classé
Pierre loue un 2 pièces dans le 6e arrondissement, non classé. Loyer : 200 € HT/nuit. 1 voyageur, 1 nuit.
Taxe de base Paris 5 % × 200 € = 10 € (sous le plafond 15,93 €).
+ Additionnelle départementale 10 % : 1,00 €
+ Société du Grand Paris 15 % : 1,50 €
+ Île-de-France Mobilités 200 % : 20,00 €
Total par personne et par nuit : 32,50 € — soit 16 % du loyer. La surtaxe IDFM change totalement l'équation parisienne.
7. Faut-il classer son meublé pour réduire la taxe de séjour ? (analyse)
C'est la question que tous les propriétaires se posent. La réponse courte : oui, presque toujours, surtout depuis la réforme micro-BIC de 2024.
Le classement en « meublé de tourisme » (1 à 5 étoiles, délivré par un organisme agréé comme Atout France) a trois effets combinés :
- Taxe de séjour forfaitaire par étoile au lieu d'un pourcentage variable — prévisible et souvent plus bas sur les loyers élevés ;
- Abattement micro-BIC de 50 % jusqu'à 77 700 € (contre 30 % jusqu'à 15 000 € pour un non classé depuis la LFI 2025) ;
- Crédibilité commerciale : étoiles visibles sur Airbnb, Booking, augmentation du taux de remplissage.
Le classement coûte entre 180 € et 350 € tous les 5 ans, soit moins de 70 €/an. Compte tenu des gains fiscaux, le retour sur investissement est quasi immédiat dès la première année.
Pour tout savoir sur la procédure de classement et ses avantages, consultez notre guide complet sur le statut Airbnb et réglementation 2026. Voyez aussi la comparaison détaillée entre LMP et LMNP pour choisir votre régime fiscal.
8. Taxes additionnelles : départementale, régionale, Île-de-France Mobilités
La taxe communale n'est que la première ligne. Selon le territoire, plusieurs additionnelles peuvent s'ajouter.
| Additionnelle | Base légale | Taux |
|---|---|---|
| Départementale | Art. L3333-1 CGCT | +10 % |
| Société du Grand Paris (IDF) | Art. L2531-17 CGCT (01/01/2019) | +15 % |
| Île-de-France Mobilités (nouveau) | Loi finances 2024 (01/01/2024) | +200 % |
| Yvelines | Délibération départementale (01/01/2025) | +10 % |
En pratique, un propriétaire parisien subit l'effet cumulé : la taxe de base est quasiment triplée par l'IDFM. C'est la raison principale de l'explosion du montant perçu par les voyageurs à Paris depuis 2024.
9. Régime au réel vs forfaitaire : ce que la commune choisit pour vous
La commune choisit son régime par délibération. Le régime au réel est le mode par défaut : on taxe chaque voyageur majeur non exonéré, par nuitée effectivement passée. Il nécessite un registre précis.
Le régime forfaitaire est plus rare : la commune taxe le propriétaire sur la base de la capacité d'accueil × période d'ouverture × tarif × coefficient d'abattement (10 % à 50 %). L'avantage : pas de déclaration nominative. L'inconvénient : aucune exonération, même pour les mineurs.
Cas chiffré n°3 : Léa, chambre d'hôtes en Bretagne (forfaitaire)
Léa exploite 3 chambres d'hôtes à Dinan. La commune a choisi le régime forfaitaire avec tarif 0,90 €, période d'ouverture 180 jours, abattement 40 %.
Capacité d'accueil : 3 chambres × 2 personnes = 6 places.
Calcul : 6 × 180 × 0,90 € × (1 − 0,40) = 583,20 € pour la saison.
Léa verse ce montant en une fois, peu importe son taux de remplissage réel.
10. Plateformes (Airbnb, Booking, Abritel) : qui collecte quoi en 2026
Depuis la loi du 23 juin 2020 (article L2333-34 CGCT), toutes les plateformes intermédiaires de paiement sont obligées de collecter la taxe de séjour à la place du loueur, pour le compte des communes qui l'ont instituée. En pratique, l'obligation est universalisée depuis 2025.
| Plateforme | Collecte automatique ? | Périodicité reversement | Action à faire |
|---|---|---|---|
| Airbnb | Oui (depuis 2019) | Annuelle, en décembre | Aucune — c'est automatique |
| Booking.com | Option à activer | Variable selon commune | Activer dans votre espace propriétaire Booking (admin.booking.com) > Finance |
| Abritel / Vrbo | Oui si paiement via plateforme | Annuelle | Vérifier reçus voyageurs |
| Site perso / direct | Non | Selon commune | Collecter et reverser vous-même |
Attention au piège Booking
Booking ne collecte pas par défaut. Si vous ne l'activez pas dans l'extranet, c'est à vous de collecter la taxe auprès du voyageur à l'arrivée et de la reverser à la commune. Plusieurs communes (dont l'Île d'Oléron) ont déjà mis en demeure des plateformes en 2025 pour recouvrer des années de taxes non collectées.
11. DAC7 : la déclaration automatique de vos revenus au fisc
Depuis janvier 2024, Airbnb, Booking, Abritel et toutes les plateformes envoient chaque année au fisc français un récapitulatif détaillé de vos revenus locatifs. Vos gains sont désormais directement visibles par la DGFiP — aucune possibilité d'oubli ou de sous-déclaration. C'est la directive européenne DAC7 (directive UE 2021/514 du 22 mars 2021), transposée en France par la loi n° 2021-1900 du 30 décembre 2021 (art. 134, doctrine BOI-INT-AEA-30).
Concrètement, chaque plateforme (Airbnb, Booking, Abritel, Gîtes de France, etc.) transmet automatiquement à la DGFiP, chaque année en janvier, un fichier contenant pour chaque seller :
- Nom, prénom, date de naissance, adresse, NIF (votre numéro fiscal à 13 chiffres, visible en haut de votre avis d'impôt) ;
- IBAN utilisé pour le paiement ;
- Montants perçus par trimestre et nombre de réservations ;
- Frais et commissions retenus ;
- Taxes collectées dont la taxe de séjour.
Vous recevez une copie de ce récapitulatif en janvier dans votre espace hôte. Utilisez-le pour votre comptabilité LMNP : il croise parfaitement avec le registre du logeur et la liasse fiscale 2031. Pour en savoir plus sur les autres impôts LMNP saisonnier (CFE, TVA, URSSAF), voyez nos guides CFE LMNP et URSSAF location saisonnière.
12. Le registre du logeur : comment le tenir sans erreur (modèle inclus)
L'article R2333-50 du CGCT rend le registre du logeur obligatoire. C'est le document de preuve n°1 en cas de contrôle communal. Pour faire simple : sans registre à jour, vous n'avez aucune preuve de bonne foi en cas de contrôle.
Voici le modèle minimum légal :
| Date arrivée | Date départ | Nb pers. | Nb nuitées | Taxe collectée | Exonérations | Plateforme |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 05/07/2026 | 12/07/2026 | 4 | 7 | 24,22 € | 2 mineurs | Airbnb |
| 15/07/2026 | 17/07/2026 | 2 | 2 | 6,92 € | — | Direct |
Sur LMNP.AI, ce registre est généré automatiquement à partir des données DAC7 importées et croisé avec vos réservations manuelles. Un export PDF est produit en un clic pour tout contrôle communal.
13. Comment déclarer et reverser : calendrier, formulaires, dématérialisation
La procédure se déroule en trois temps.
Temps 1 — Inscription initiale. Avant la première location, déposez le formulaire CERFA adapté :
- CERFA 14004*04 pour la déclaration d'un meublé de tourisme classé ;
- CERFA 11819*05 pour la déclaration en mairie (art. L324-1-1 Code du tourisme).
Temps 2 — Déclaration périodique. Selon la délibération communale, la déclaration peut être mensuelle (Paris, Lyon, Nice), trimestrielle, semestrielle ou annuelle. Elle se fait via la plateforme communale dédiée, ou via taxesejour.fr (solution adoptée par plus de 1 500 intercommunalités (EPCI)). La déclaration nominative des nuitées est obligatoire en régime au réel.
Temps 3 — Reversement. Le paiement se fait par virement ou CB. Le délai courant pour le solde annuel est le 31 janvier de l'année suivante. Si une plateforme collecte pour vous, vous n'avez rien à faire : elle reverse directement.
Cas chiffré n°6 : Antoine, multi-locations 3 communes
Antoine possède 3 biens : un studio à Nice (déclaration mensuelle), un gîte à Avignon (trimestrielle) et un chalet à Chamonix (annuelle). Chaque commune a son barème, son calendrier, sa plateforme.
Risque : en 2025, il a oublié la déclaration mensuelle de juillet à Nice. Mise en demeure reçue en septembre, taxation d'office de 2 400 €, amende de 750 € et intérêts 2,4 %/an.
Solution adoptée : un tableau centralisé dans LMNP.AI avec alertes 7 jours avant chaque échéance.
14. Exonérations : mineurs, saisonniers, hébergement d'urgence
L'article L2333-31 du CGCT liste limitativement les personnes exonérées en régime au réel uniquement :
- Les mineurs de moins de 18 ans (automatique, sur simple présentation de l'âge) ;
- Les travailleurs saisonniers employés sur le territoire de la collectivité, sur présentation d'un contrat ou justificatif ;
- Les personnes en hébergement d'urgence ou relogement temporaire (après incendie, inondation, sinistre) ;
- Les personnes dont le loyer est inférieur à un seuil fixé par la commune (rare, souvent autour de 1 €/nuit).
Pas d'exonération en régime forfaitaire
En régime forfaitaire, la taxe est assise sur la capacité théorique d'accueil, pas sur les personnes réelles. Même si vos voyageurs sont tous mineurs ou saisonniers, vous payez la taxe forfaitaire. Vérifiez la délibération de votre commune.
15. Sanctions et taxation d'office : 750 € à 12 500 € d'amende
L'article L2333-46 du CGCT, renforcé par la loi n° 2014-1654 du 29 décembre 2014, prévoit une batterie de sanctions graduées.
| Manquement | Sanction |
|---|---|
| Défaut de déclaration dans les délais | 750 € à 12 500 € |
| Omissions ou inexactitudes | 150 € / item (plafond 12 500 €) |
| Défaut de perception sur un assujetti | 750 € à 2 500 € |
| Contravention 4e classe | 750 € |
| Intérêts de retard | 0,20 %/mois (2,4 %/an) |
| Mise en demeure non suivie (30 jours) | Taxation d'office |
Cas chiffré n°7 : Julie, oubli de déclaration
Julie loue un gîte en Dordogne, pas sur plateforme. Elle « oublie » de déclarer pendant 3 ans. La commune reconstitue 2 500 nuitées × 1,73 € = 4 325 € de taxe.
+ Taxation d'office (majoration) : 12 500 €
+ Intérêts retard (3 ans × 2,4 %) : ≈ 311 €
Facture finale : 17 136 € — soit 4x le montant qu'elle aurait dû payer. À cela peut s'ajouter la perte du bénéfice du micro-BIC et un redressement fiscal sur le résultat réel.
16. La taxe de séjour est-elle déductible en LMNP ? (réponse claire)
Non, la taxe de séjour n'est pas déductible. Ni en micro-BIC, ni au régime réel. Voici pourquoi, clairement :
- Ce n'est pas une charge : vous ne la payez pas, le voyageur la paie. Elle ne sort pas de votre poche ;
- Ce n'est pas une recette : elle ne reste pas chez vous, elle transite pour être reversée à la commune ;
- C'est un flux transparent, enregistré en comptabilité au crédit d'un compte 4471 « Taxe de séjour à reverser », puis débité lors du reversement.
Conséquence pratique : la taxe de séjour ne fausse pas le calcul du seuil micro-BIC (77 700 € classé / 15 000 € non classé depuis la LFI 2025). Elle n'entre pas dans les recettes.
Cas particulier : commission Airbnb
Airbnb calcule sa commission hôte (≈ 3 %) sur le montant TTC incluant la taxe de séjour. Cette commission reste entièrement déductible dans votre régime réel LMNP — y compris la fraction qui porte mécaniquement sur la taxe. Mais la taxe en elle-même, non.
Pour tout comprendre sur les charges réellement déductibles et l'optimisation de votre résultat LMNP, consultez notre guide Fiscalité LMNP 2026.
17. Cas particuliers : résidence principale 90 jours, multi-communes, sous-location
Résidence principale. Depuis la loi Le Meur, vous ne pouvez plus louer votre RP plus de 90 jours par an en meublé de tourisme (120 avant), limite que certaines communes peuvent encore abaisser. La taxe de séjour reste due sur les jours autorisés.
Cas chiffré n°5 : Marie & Jean, RP à Lyon 60 jours/an
Marie et Jean louent leur T3 lyonnais 60 jours par an quand ils partent à la campagne. Sous le plafond 90 jours : aucun risque d'amende 15 000 €.
60 jours × 2 voyageurs × 1,73 € (non classé plafonné) = 207,60 € de taxe/an.
+ additionnelle départementale 10 % = 228,36 €.
Collecte automatique par Airbnb, zéro démarche à faire.
Multi-communes. Chaque commune est autonome : déclaration séparée, calendrier propre, plateforme dédiée. Centralisez le suivi pour éviter les oublis.
Sous-location. Si vous sous-louez sans accord du bailleur, amende jusqu'à 100 000 € (loi Le Meur). Si vous sous-louez avec accord, c'est vous qui collectez la taxe. Cas fréquent dans le co-living saisonnier.
18. 6 conseils concrets pour gérer sereinement la taxe de séjour
- Classez votre meublé : double gain (tarif fixe + abattement micro-BIC 50 %). ROI en moins d'un an.
- Privilégiez Airbnb pour la collecte automatique, ou activez-la sur Booking dès le premier jour.
- Tenez votre registre du logeur à chaque réservation, pas une fois par an. Cinq minutes par séjour évitent 12 500 € d'amende.
- Obtenez votre numéro Declaloc dès l'ouverture du téléservice (20 mai 2026). N'attendez pas la première amende.
- Bloquez 15 minutes par trimestre pour consulter le site de chaque commune et vérifier les échéances.
- Utilisez un logiciel de comptabilité LMNP qui croise DAC7 + registre + reversements et produit la liasse 2031 conforme.
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